
Après un set encourageant, mais condamné avant même d'avoir pu exister, les Ra Ra Riot quittent la scène, soulageant une audience n'attendant qu'une chose: The Gossip. Prestation remarquable pour le groupe de Portland qui comptabilise déjà trois passages à Paris depuis le début de l’année. Affublée d'une combinaison noire à pois blancs, la souriante Beth Ditto, suivie de ses acolytes, arrive sur la scène du Casino de Paris et rugit un "Bonsoir Paris" jubilatoire. Brace Paine plaque alors sur son synthé les premiers accords de l'introductif Pop Goes World, provoquant l'embrasement collectif à grand coup de rythmiques assassines et de gimmicks vaudous. Orchestrés sous haute tension, le suant Listen Up et le jouissif Jealous Girls frisent les cimes stratosphériques. Viennent ensuite Fire With Sign, bouillonnant, et Coal To Diamonds, triomphant, au cours desquels la fusion entre le chant râpeux de Ditto et les échos du public tient de la magie. En plus de revisiter un glam rock débraillé avec une irrévérence démoniaque, ce qui différencie les Gossip de la jeune garde rock'n'hype, c'est la bonne humeur communicative diffusée durant le concert. En rappel, un Standing In the Way Of Control électrisant provoque un véritable séisme dans le Casino de Paris, où La Beth parcoure les arcades et traverse la salle portée à bout de bras avant de remonter sur scène et de s’enivrer d’une immense standing ovation du public qui n’a définitivement d’yeux que pour elle. Les Gossip peuvent alors tirer leur révérence, vidés, mais ravis d'avoir catapulté soixante-dix minutes de déflagration groovy.
Texte par Fanny Menceur


0 commentaires:
Enregistrer un commentaire